L’Hommage Posthume

La millième représentation sur une scène parisienne ? mais il y en avait déjà eu plus de deux mille en province – eut lieu le 3 mai 1913. A cette occasion Edmond Rostand et toute la troupe avait tenu à rendre hommage au grand ancien disparu quatre ans auparavant, et qui avait joué le rôle 950 fois.

Lorsque vient la fameuse scène des Cadets de Gascogne :

Puisque ma compagnie est, je crois, au complet

Veuillez la présenter au compte s’il vous plait .

Ce sont les cadets des Gascogne

De Carbon de Castel Jaloux…

Charles Le Bargy qui avait repris le rôle enchaîna avec ces quelques vers inédits, écrits pour la circonstance par Edmond Rostand :

Non, car elle n’est plus au complet. Car, moi-même,

Je ne suis pas celui dont il faudrait la voix,

Et qui, s’étant battu neuf cent cinquante fois,

Devrait être à l’honneur de cette millième.

L’?il des braves Cadets cherche l’Aîné suprême

Qui m’a laissé cueillir le prix de ces exploits.

Passons les triolets? Il faut, ce soir, je crois,

Comme on voile un tambour, assourdir le poème.

(se tournant vers les cadets)

Et vous, levant ce soir tous vos panaches vers

Celui qui de son âme a fait vivre ces vers

Et de les voir revivre eût pleuré de tendresse

– Il aimait bien l’auteur, n’est-ce pas, Ragueneau ? ?

Elargissez, Messieurs, le grand salut qu’adresse

Au premier Cyrano le second Cyrano.

Le Miroir du Dimanche 11 Mai 1913 conclu :

« M. Le Bargy fut chaleureusement acclamé. Dans la coulisse M. Edmond Rostand assistait avec émotion à ce suprême triomphe auquel manquait cependant le grand et regretté Coquelin. »

article de Thomas Sertillanges


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A votre plume…