Eugène Rostand

Eugène naît en 1843 à Marseille. Il est très vite attiré par le droit. Alors, il se rend à Aix-en-Provence pour ses études. Il épouse en 1866 Angèle Gayet, fille d’un armateur fabricant de produits chimiques.

Après s’être consacré au Barreau, il quitte le droit pour se consacrer à l’économie. En 1867, il est élu administrateur de la Caisse d’Epargne des Bouches-du-Rhône. S’il a souvent, beaucoup plus tard, dissuadé son fils Edmond de se lancer dans la carrière des Lettres, lui-même n’en n’oublie pas une farouche passion pour Catulle, mais aussi pour l’enfant du siècle: Alfred de Musset.

En 1875, l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Marseille l’accueille en son sein. Il y prononce un discours comparant les deux poètes précédemment cités. Il deviendra le directeur de cette Institution dix ans plus tard.

En 1877, Eugène devient délégué à l’instruction publique après une réforme du maréchal Mac-Mahon. Bien que temporaire cette fonction lui permet de développer les cours de peinture à Marseille et d’assurer l’acquisition d’un jardin zoologique.

Il aura traduit Catulle et publié un recueil de poèmes, Ebauches en 1865. La passion pour Musset se ressent dès les premières pages, mais Eugène quête une poésie sans ostentation et, il faut le dire, plutôt sobre.

Thomas Sertillanges, dans sa biographie d’Edmond, raconte une anecdote intéressante à propos d’Eugène: Pris à parti par un socialiste dans une réunion électorale qui suivait une candidature à la députation d’Eugène, on aurait hurlé: « Taisez-vous! Vous avez assassiné Catulle! ». Seulement, rares sont ceux qui connaissaient le poète. Croyant avoir affaire à un meurtrier, les électeurs prirent peur.

Eugène abandonnera cependant progressivement la poésie pour se consacrer au journalisme. Il devient directeur politique du journal de Marseille, appartenant — faut il le préciser — à son beau père…

L’année 82 est riche de promotion pour Eugène puisqu’il prend du galon à la Caisse d’Epargne en accédant au Conseil des directeurs, puis à la présidence de la Caisse quatre ans plus tard.

Sa carrière est riche d’actions en faveur des plus défavorisés. En témoignent ses fondations à caractère social, notamment la société des habitats insalubres et les habitations à loyer modéré. Il est chargé en outre de l’Assistance par le travail où il va faire créer d’utiles jardins ouvriers. On finira par lui attribuer la Légion d’honneur, en qualité de chevalier, puis officier.

Après avoir subi les affres d’une vieillesse déclinante, Eugène Rostand meurt en 1915 à Arnaga. Il aura partagé ses convictions entre la sensibilité, embrassant la poésie, la politique, étant d’abord fervent bonapartiste puis républicain, et son engagement social.