Comment pouvoir traiter la vie de Jean Rostand sans d’abord vainement mentionner sa flagrante ressemblance physique avec son père, Edmond? Sur certaines photographies, on s’y méprendrait presque…

Jean Rostand à son bureau, coll Villa Arnaga
C’est bien pour Jean qu’Edmond écrivit le poème « Fabre-des-insectes », comme pour déjà marquer l’importance, pour Jean, de ces petits êtres qu’il honora toute son enfance.
Voilà sa vie. Elle est simple, triste, ravie.
Il n’enlève jamais son chapeau de berger.
Et ses livres se font tout seuls, avec sa vie.
En effet, la vocation de Jean sera très vite tracée, alors qu’il découvre, à neuf ans, un traité d’entomologie de Jean-Henri Fabre, naturaliste et poète. Jean obtient son baccalauréat à quinze ans, puis un certificat de minéralogie à la Sorbonne, mais aussi une thèse sur la déglutition des oies. Il faut le dire: la science, ce sera son combat. Contrairement à son père, ou même à son frère Maurice, Jean n’est pas un ardent poète. Il disait: « Je n’ai jamais écrit un vers de ma vie, jamais osé, de peur d’empiéter sur le terrain paternel ».

Après la vente d’Arnaga, il s’installe dans une maison à Ville-D’Avray, où la nature s’exprime dans un jardin luxuriant et propice à la passion du scientifique. Âme grande parce qu’elle s’intéresse aussi à ses proches, il achète deux petites résidences, une à Paul Faure, et l’autre à Louis Labat, le secrétaire personnel de feu son père.
Comme son père, Jean fuyait avec ravissement les mondanités. Il aime cependant à collaborer avec un de ses amis, Pierre Darré, sur de passionnés travaux sur les grenouilles. Jean n’a pas beaucoup voyagé, à quelques exceptions près, pour quelque conférence bruxelloise.
En 1920, il épouse sa cousine germaine et sculptrice, Andrée Mante. Sur le mariage, il dira que ce dernier « simplifie la vie et complique la journée ». Sacré Jean! Plus de trente ans plus tard, en 1959, il sera, comme son grand-père et père avant lui, élu à l’Académie Française.
Afin toutefois d’entrevoir le rideau de l’intimité père-fils, il confiera un jour: « La mort de mon père a été une angoisse, un effondrement. A soixante-dix-sept ans bientôt, je ne suis pas guéri de mon père, ni de sa vie, ni de sa mort »…
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