
Et Photine vint puiser de l’eau…
Sarah Bernhardt dans le rôle de Photine, par Mucha
Poussé par la brise des nuits,
Et vagabond jusqu’à l’aurore,
Je viens pour des fins que j’ignore,
Comme un fantôme que je suis.
D’une sandale non sonore
Je viens, je glisse et je m’enfuis…
Voilà comment la première ombre entame ce qu’Edmond lui-même aura nommé un évangile. La Samaritaine raconte la rencontre de Jésus avec Photine, la fameuse samaritaine, au puits de Jacob. Cette pièce lui vint après le succès d’estime de La Princesse Lointaine. Sarah réclame encore un rôle, et Edmond, lui, lit La Vie de Jésus, d’Ernest Renan, ouvrage qui fit scandale dans lequel l’auteur présente le Christ en rejetant sa divinité. Toutefois, Rostand l’aura confessé à Eugène Tardieu, journaliste que « depuis longtemps déjà, [Il avait] conçu le projet d’un poème sur l’épisode touchant de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine. »
Quand Edmond en parle à Sarah, elle est charmée. La Samaritaine entraînera donc, par sa foi, toute la population de Sachem vers la conversion. La conception de la pièce comme les costumes sont salués et Léon Brémont, comédien souvent associé à Sarah, jouera Jésus. A un journaliste, au moment de son élection à l’Académie, Edmond confiera: « La Samaritaine est la seule de mes oeuvres que j’aime complètement. Son deuxième acte est supérieur à Cyrano«
Pour le centenaire de la mort d’Edmond en 2018, Le Festival Edmond Rostand, avec Daniel Mesguich remonteront en l’Eglise St Laurent de Marseille cet Evangile en trois actes et en vers…
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