Les Romanesques fut représentée en 1894. Il s’agit de la première pièce de théâtre saluée par la Comédie Française. Elle est jouée sur scène le 21 mai 1894. Pleine de sensibilité et d’humour, la pièce renvoie au Roméo et Juliette de William Shakespeare. Toutefois, Rostand en inverse la trame dramatique, et en fait une comédie.

Illustration de l’éditeur Pierre Lafitte pour les Œuvres Illustrées d’Edmond Rostand
Les familles rivales Capulet et Montaigu deviennent donc les simples Pasquinot et Bergamin. La toile de fond réside, contrairement à Shakespeare, sur une fausse rivalité entre les deux pères, qui souhaitent voir leurs enfants se marier. Sylvette et Percinet, leurs enfants, ont l’esprit teinté de ce romantisme qui sied bien aux âmes innocentes et se vouent un amour remarquable. Malgré l’inimitié apparente de leurs paternels respectifs, les deux tourtereaux songent même à se marier. Eurêka !
Afin de faire croire aux enfants qu’entre pères ils vont régler leurs querelles, les pères échafaudent un enlèvement. Celui de Sylvette, par le spadassin Straforel. Toutefois, la manigance des pères aura risqué de mettre à mal le mariage des deux amoureux.
La pièce se conclut gentiment par la récitation d’un rondel. Il s’agit d’une forme poétique fixe fondée sur deux rimes et comportant un refrain. Ce rondel est récité par tous les personnages principaux de la pièce qui se donnent la réplique. Un vers en particulier est repris et témoigne efficacement de la dynamique de Rostand : « Des costumes clairs, des rimes légères, / L’Amour, dans un parc, jouant du flûteau… » . Cette fin donne d’ailleurs à voir le manque

Première de couverture du livre des Romanesques aux éditions Pierre Lafitte
Il nous faut donc, pour rappeler ce propos, citer un article du Figaro du jour suivant la première des Romanesques :
Les Romanesques sont la première œuvre dramatique d’un poète évidemment bien doué. C’est une comédie d’imitation et cependant originale, grâce à une adresse remarquable, qui perce à travers les souvenirs classiques et romantiques à la fois de Regnard et de Musset. Et tandis que la langue est très montée de ton, pittoresque et picaresque, le thème est simple et bon enfant. La chose se passe dans le pays du bleu, en un temps indéterminé, car on y parle de Watteau, dont les amoureux portent le costume préféré on y trouve aussi un spadassin à allures du seizième siècle1.
Adolphe Brisson, et Jules Lemaître, critiques dramatique à la charnière des XIXe et XXe siècles diront aussi, pour qualifier la dynamique d’ensemble de cette pièce : « L’alliance y est naturelle et heureuse du comique et du lyrisme »
1.Article « Les Théâtres » du Figaro du 22 mai 1894, page 3
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