Thomas Sertillanges et moi

Je me souviens de l’été 2018. Chavirant entre grandes espérances et désillusions, j’entamai un master en Lettres Modernes. Ce qui me saisissait était l’expression du sentiment. J’avais écrit quelques recueils de poésies. J’en avais auto-édité un. Bientôt, je le retirais de la vente et Les Promesses du Soir prenaient sa place. J’avais la poésie ardente et, tout en traitant de sujets archi-modernes, je
trempais un peu ma plume dans les mètres anciens. Je voulais, du haut de ma jeunesse ambitieuse, réconcilier ce siècle dardé de classicisme dans les rapports sociaux, avec le romantisme. Et comment mieux le faire qu’en honorant la mémoire de ce poète qui magnifiait Hugo tout en chantant Corneille ?

La moustache fine, je quarte du pied, moi, l’amateur de piraterie, et je m’en allais, des Caraïbes, jusqu’à la cour
de Louis XIII pour fréquenter l’esprit des mousquetaires et au Pays-Basque, pour écouter chanter les gascons. Le rêveur que j’ai toujours été s’accordait à merveille avec la rime classique et audacieuse du bon Rostand. Il y avait de l’aventure dans cette audace, et moi, j’avais soif d’aventures dans une vie que l’Ennui séduisait trop.

Six ans plus tard, mes mots accourent devant vous, pour vous présenter la vie de ce poète d’origine marseillaise. Je m’étais toujours juré, après avoir travaillé deux ans sur Les
Musardises
, que j’apporterais ma pierre à la diffusion de la mémoire du poète.


Quelques années plus tard, je rencontrais Thomas Sertillanges. Contre une belle discussion passionnée, il m’offrit plus qu’une considération, une confiance, son amitié. On voyait deux « petits Cyranos » se cambrer devant la franchise maintes fois souillée. Il est vrai, j’aurais pu remettre ma moustache, lorsque, devant le buste de Rostand, nous posions. Je suis sûr qu’Edmond me le
pardonnera.


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